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devant le cimetiere marin de St Paul

Publié le par emma/alinea

 

à la Réunion, où est enterré Leconte de Lisle


(encore un qui passe sa mort en vacances)

 

6 0519

un cliché de Michel

Si l'Aurore, toujours, de ses perles arrose
Cannes, gérofliers et maïs onduleux ;
Si le vent de la mer, qui monte aux pitons bleus,
Fait les bambous géants bruire dans l'air rose ;

Hors du nid frais blotti parmi les vétivers
Si la plume écarlate allume les feuillages ;
Si l'on entend frémir les abeilles sauvages
Sur les cloches de pourpre et les calices verts ;

Si le roucoulement des blondes tourterelles
Et les trilles aigus du cardinal siffleur
S'unissent çà et là sur la montagne en fleur
Au bruit de l'eau qui va mouvant les herbes grêles ;

Avec ses bardeaux roux jaspés de mousses d'or
Et sa varangue basse aux stores de Manille,
A l'ombre des manguiers où grimpe la vanille
Si la maison du cher aïeul repose encor ;

O doux oiseaux bercés sur l'aigrette des cannes,
O lumière, ô jeunesse, arome de nos bois,
Noirs ravins qui, le long de vos âpres parois,
Exhalez au soleil vos brumes diaphanes !

Salut ! je vous salue, ô montagnes, ô cieux,
Du paradis perdu visions infinies,
Aurores et couchants, astres des nuits bénies,
Qui ne resplendirez jamais plus dans mes yeux !

Je vous salue, au bord de la tombe éternelle,
Rêve stérile, espoir aveugle, désir vain,
Mirages éclatants du mensonge divin
Que l'heure irrésistible emporte sur son aile !

Puisqu'il n'est, par delà nos moments révolus,
Que l'immuable oubli de nos mille chimères,
A quoi bon se troubler des choses éphémères ?
A quoi bon le souci d'être ou de n'être plus ?

J'ai goûté peu de joie, et j'ai l'âme assouvie
Des jours nouveaux non moins que des siècles anciens.
Dans le sable stérile où dorment tous les miens
Que ne puis-je finir le songe de ma vie !

Que ne puis-je, couché sous le chiendent amer,
Chair inerte, vouée au temps qui la dévore,
M'engloutir dans la nuit, qui n'aura point d'aurore,
Au grondement immense et morne de la mer !


C. Leconte de Lisle


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Q
C'est une très belle page pour une photo que tu as très joliment interprétée.<br /> <br /> ... et j'aime toujours autant cette chanson. :)<br /> Merci !<br /> <br /> Passe une douce journée.
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S
Quelle belle photo, on imagine le poète assis là à composer.
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C
Une évocation très fine de Leconte de Lisle, je trouve, mêlant un peu de légèreté et d'humour à la noblesse un peu grandiloquente (mais que j'aime bien) de sa poésie.<br /> Un trône d'osier face à l'infini marin pour ce vieux grand mort...<br /> Carole
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A
"...A quoi bon se troubler des choses éphémères ? (...)<br /> J'ai goûté peu de joie, et j'ai l'âme assouvie..."<br /> <br /> Merci pour ce beau moment passé ici, mes mots seraient vains, tout est dit, si bien dit.<br /> Et cette photo parle mieux que les mots que je pourrais dire.<br /> Amicalement
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N
Splendide !<br /> Merci de ce petit rappel...
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O
Le songe de ma vie<br /> <br /> Le sel de ton existence<br /> <br /> Le miel d'une nuit d'été...<br /> <br /> <br /> Loop
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M
Cela fait rêver...
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C
Je pense à la chanson de GIlles Vigneault<br /> Quand les bateaux s'en vont....<br /> <br /> Bonne fin de semaine!
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J
Bonjour Emma... Bienheureux Robinson qui a sa chaise au bord de la mer... Merci pour Leconte de Lisle et à Michel... Bien à toi...JB
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